Naguère encore, la tuerie particulière aurait contraint ma marchandise à végéter dans le cercle étouffant du porcher et de sa famille. Le développement des accords internationaux et la standardisation de la découpe ouvrent maintenant la voie à la libre circulation des carcasses. Me voici au seuil d'une prodigieuse aventure. A pied, à cheval, à l'intérieur des camions frigorifiques ou dans les boîtes de conserve, mon avenir est assuré. J'irai sous peu porter la bonne parole sur toute la planète. A croire que mes rôtis et côtelettes sentent déjà l'appel du grand large. Si je ne les retenais fermement, je crois qu'ils me fausseraient compagnie avant l'abattage. Mais je suis un cochon légaliste. Aussi longtemps que j'aurai charge de ma marchandise, pas un atome ne sera distrait du cours offficiel. Ce n'est qu'après avoir participé à l'élaboration des rillettes et du pâté communs que je pourrai m'estimer paré. Ensuite, bien sûr, c'est une autre histoire. Mais qu'importe alors ? J'aurai vécu.
18 mai 2006
...
Ainsi un sentiment à la tonalité du vent et dans sa faiblesse on pourrait être sûr de se mettre en dehors du monde ...
21:55 Publié dans Mausolée intérieur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Pensée Amoureuse
On n’affirme que soi dans ce qu’on nie, et il est déjà bien beau d’y réussir. Le bonheur de l’esprit consiste enfin à résider dans le temple pur d’où la pensée amoureuse, en la créant pour soi, contemple avec délices le reste du monde …
André Suarès – Voyage du Condottiere
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05 mai 2006
Le Rêve est une seconde vie
Le Rêve est une seconde vie. Je n'ai pu percer sans frémir ces portes d'ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible. Les premiers instants du sommeil sont l'image de la mort ; un engourdissement nébuleux saisit notre pensée, et nous ne pouvons déterminer l'instant précis où le moi, sous une autre forme, continue l'oeuvre de l'existence. C'est un souterrain vague qui s'éclaire peu à peu, et où se dégagent de l'ombre et de la nuit les pâles figures gravement immobiles qui habitent le séjour des limbes. Puis le tableau se forme, une clarté nouvelle illumine et fait jouer ces apparitions bizarres : - le monde des Esprits s'ouvre pour nous.
Gérard de Nerval, Aurélia.
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26 avril 2006
Chose énigmatique
Chose énigmatique, comment conjurer nos instincts ?
Le flottement, la marge onduleuse de nos impressions les plus simples -- cette marge qui a tant de sinuosités impénétrables et qui jusqu'ici a glissé autour de nous inconsidérément,
négligé, négligé
Nous devrions délibérément tisser un cocon le plus clandestin possible au creux de notre identité.
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10 mars 2006
L’autre
L’autre renonce à être moi
22:29 Publié dans Qui saisit toutes les choses ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08 mars 2006
Des ombres
Si tout ce qui nous est intérieur nous apparaît aujourd'hui tellement obscur, solitaire et informe, combien en sera-t-il autrement quand cet obscurcissement sera derrière nous, et rejeté ce corps d'ombre! Nous serons satisfaits de jouissances comme jamais, car notre esprit a souffert privation.
Novalis
20:32 Publié dans Chambre Verte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01 février 2006
L’amour nous courbe
Comme si après la pure sensation d’absence qui m’a saisi avec ténacité, une sorte de retour aux choses, toi aussi tu visais haut, mais l’amour nous courbe et notre arc ne revient pas à son point de départ en vain.
23:56 Publié dans Mausolée intérieur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
31 janvier 2006
Perceptions latentes
Et oui il y a ici des bouts d’envies qui traînent comme éparts, des espoirs en attente de réponses qui ne viennent pas ou restent à l’état de microscopiques perceptions latentes, si le peu de libération d’exaltation des pensées et des sentiments peut se travestir en prose obtuse et tarabiscotante alors oui il y aura toujours de l’espoir.
00:50 Publié dans Mausolée intérieur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
21 janvier 2006
Fluide Cristallin
Il y a des nuits transparentes qui conservent l’empreinte du jour comme notre rétine sait garder la trace de la lumière, comme notre mémoire pulsation autonome en continuel chemin magnétise nos rêves.
Les souvenirs et l'esprit s’unissent par les songes, créant spontanément un fluide cristallin à la naissance de notre sensibilité, de sorte que cette expansion magnétique des souvenirs vers l’esprit est bien plus que le mouvement des éléments de la vie en elle-même.
19:38 Publié dans Mausolée intérieur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15 janvier 2006
Similitude avec la réalité
les sens en hautes flammes employées
le rêve mat d’une vie irrésolue
mais comme des nuages désœuvrés
nous avons trébuchés vers l’éphémère
19:00 Publié dans Qui saisit toutes les choses ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13 janvier 2006
Filaments
Comme je suis sûrement plus petit que mes sentiments, comme je n’arrive pas à les contenir alors ils sortent irrémédiablement et dérivent hors de moi-même comme des filaments revêches et incontrôlés.
00:13 Publié dans Mausolée intérieur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08 janvier 2006
L'air se boit
Car, même au gros de l'hiver, même dans ces villages où le soleil ne se montre pas de tout le jour, rien n'est plus beau à voir, d'ordinaire, que la pureté du ciel et l'éclat de la neige. Même ici où on ne voit pas le soleil pendant six mois, on le sent qui est là, derrière les montagnes, et envoie en délégation ses couleurs, qui sont le rose pâle, le jaune clair, le roux, dont un pinceau minutieux revêt autour de vous les pentes. La neige sur les toits est comme du linge qu'on vient de passer au bleu; elle est sur les côtés des toits comme des piles de draps de lit pliés en quatre dont on voit les épaisseurs lesquelles débordent; et la masse dépassant, de temps en temps, se rompt et tombe, avec un bruit d'écrasement, comme un fruit mûr. La neige est à la point des pieux comme des bonnets en laine d'agneau. L'air est à la fois immobile et animé d'un mouvement secret; il ne se respire pas, il se boit.
CF Ramuz
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01 janvier 2006
Contemplatif
Le contemplatif en en mouvement perpétuel en lui–même, une succession de transports intimes d’émotions fluides qui l’arrache à la tyrannie de la hâte.
23:35 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
17 décembre 2005
Fluide
Le flux des choses se précipite aussi par nous; et nous, dans notre unité la plus soustraite, sommes conscients de cet écoulement incessant, de ce mouvement turbulent à la base de notre intuition vivante
23:36 Publié dans Qui saisit toutes les choses ? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
06 décembre 2005
Nuance
A trop pratiquer la nuance on en devient petit à petit invisible. Pourtant ce chemin vers la disparition est ce qui fait le prix de tout écrit un peu vibrant.
19:40 Publié dans Qui saisit toutes les choses ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03 décembre 2005
Une méduse heureuse
Je suppose que pour moi l'existence idéale, en dehors des limites humaines, serait celle d'une méduse heureuse, irisée, épanouissant son corps ensoleillé par une tiédeur placide au fond d'un bassin de pierre, ne blessant personne et n'étant blessée par rien — et vivant entièrement pour la sensation. À part l'existence de la méduse, j'envie celle du Bison des Prairies. Les lézards du désert me paraissent aussi enviables; et il y a beaucoup à dire, à mon sens, du rôle innocent joué dans la confusion de la vie par le lichen sur un pommier, ou par la mousse sur les racines d'un orme.
John Cowper Powys - Confessions de deux frères, Granit.
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30 novembre 2005
Mouvement
Le mouvement devient indivisible et sans fin. D’une ampleur concrète, d’une variété sensible c'est lui, que nous relions avec lui-même. Ce n'est pas avec la distance, que le vrai, le seul mouvement se place; s ‘accoutume, cherche et trouve son point de pression avec le monde.
22:55 Publié dans Qui saisit toutes les choses ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Un linceul de certitudes
La matière pure est enveloppante comme un linceul de certitudes, il n’y pas d’issue pas de choses miraculeuses, la matière représente la vérité ramassée au creux de nos plus intimes croyances
22:54 Publié dans Qui saisit toutes les choses ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28 novembre 2005
...

23:20 Publié dans Chambre Verte | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Vers l’âme
La vie se trouve de temps à autre loin des événements corporels évidents, le sexe par exemple. La vie éclabousse bien au-delà de ce mince canal, elle découle d'une profondeur qui semble oublier le corps. Le sentiment d’être au monde n ‘est plus aperçu alors à travers les multiples strates du consenti-ressenti, il se révèle dans l’impression, éclat, lumière traversant des anatomies limpides, vers l’âme.
23:19 Publié dans Mausolée intérieur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19 novembre 2005
La nuit est comme un papier carbone
La nuit est comme un papier carbone Pour elle le souvenir, Sous les yeux des étoiles, et les rictus de la lune qui souffre qui étend son sable fin et irritant dans toutes les directions. Et les jours de l'enfance et de l’adolescence, Jours visqueux avec des rêves, Comme des sacs de rochers pulvérisés.
Chaque geste s'enfuit immédiatement vers l'intérieur .
J’ai dénudé les rainures de son oeil.
Les chats invisibles ont hurlé comme des femmes ou des instruments endommagés..
01:45 Publié dans Mausolée intérieur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02 novembre 2005
Pas encore un vengeance
les nuages, leurs dos se sont réunis
au nord les forêts s’accumulent jusqu'à la disparition
la foudre est un matériel qui tente de recuire la nature, pas encore une vengeance elle viendra ensuite
19:30 Publié dans Qui saisit toutes les choses ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24 octobre 2005
Une sublimation
Si le monde doit être une précipitation de la nature humaine, le monde des dieux est alors à l'intérieur une sublimation, les deux apparaissant en même temps. Pas de précipitation donc sans affaires sublimées. Ce que celui-ci perd dans la chaleur, il le gagne dans la souffrance, alors le monde est porté par un fractionnement de la nature humaine ou toutes les choses sont en vigueur, l'azote et l'oxygène comme la vitesse et le déplacement. Le tout fait la vie et le corps animal et les affaires principalement cultivées en nous-mêmes.
20:40 Publié dans Qui saisit toutes les choses ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14 octobre 2005
Le mouvement contre le temps
Notre temps adore l'immédiat notre vie pourtant n'est faite que du constant passage entre le vécu et l' ultérieur, ce passage n'est pas le présent car il est en perpétuel mouvement, c'est pourquoi il faut jouer le mouvement contre le temps, le mouvement contre la vitesse, la durée contre la célérité, ne pas contempler c'est oublier la nécessaire durée des choses et cette durée c'est la vie l'oublier c'est mourir car nous venons d'ou nous venons et allons vers l'éventuel.
22:28 Publié dans Mausolée intérieur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
04 octobre 2005
Au-dessous de la ligne
Le nécrologe au-dessous de la ligne , le voyage a duré longtemps. Là-dessus la partie latérale, oubliant la ligne, seulement … un train … des passagers … circulez - montez simplement
Je n'ai jamais vu ces chariots , des types archaïques !!! sur d'autres lignes il y a bien longtemps, étendues comme des cavités, foncées et pleines. Ces couloirs sous différents coins se pliant, ces cloisons (creuses) vides, étrangement à gauche quelque chose dans le froid, quelque chose < alarme > presque effroyable. . . Ici les gens occupent de hauts divans (creux) vides ne riant excessivement pas.
23:30 Publié dans Qui saisit toutes les choses ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29 septembre 2005
Un homme qui dort
Ce n'est pas que tu détestes les hommes, pourquoi les détesterais-tu ? Pourquoi te détesterais-tu ? Si seulement ton appartenance à l'espèce humaine de s'accompagnait pas de cet insupportable vacarme, si ces quelques pas dérisoires franchis dans le règne animal ne devait pas se payer de cette perpétuelle indigestion de mots, de projets, de grands départs ! Mais c'est trop cher pour des pouces opposables, pour une station debout, pour l'imparfaite rotation de la tête sur les épaules : cette chaudière, cette fournaise, ce grill qu'est la vie, ces milliards de sommations, d'incitations, de mises en gardes, d'exaltations, de désespoirs, ce bain de contraintes qui n'en finit jamais, cette éternelle machine a produire, a broyer, a engloutir, a triompher des embûches, a recommencer encore et sans cesse, cette douce terreur qui veut régir chaque jour, chaque heure de ta mince existence.
19:32 Publié dans Chambre Verte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26 septembre 2005
Le tissu de l’âme

« Qu’est-ce que ça veut dire, le tissu de l’âme ? »
22:36 Publié dans Chambre Verte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24 septembre 2005
Odradek
Odradek, c'est être dans le cosmos sans être dans le potentiel de réel fluctuant, c'est être non mortel hors des contingences, Odradek c'est être entre ; entre les choses, c'est la distance entre les corps, cette distance qui forme le désir, c'est le moment suspendu entre deux émotions qui tentent de se rejoindre, Odradek c'est l'inutile, le pas fini, c'est le bruit entre le prosaïque et le besoin vital de création, Odradek c'est le destin des nuages, c'est l'heureux hasard, ce n'est pas le monde ni le transfert méthodique des marchandises, quand on transfert les marchandises méthodiquement on fini par faire la même choses avec les hommes, on fini par les recycler, par oublier leur essence, pour en faire de sinistres souvenirs abandonnés à l'utile et la destruction.
23:50 Publié dans Mausolée intérieur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18 septembre 2005
Choses cryptées
D’un autre coté j’ai finalement renoncé à me cacher derrières des monceaux de cynisme, j’ai décidé de laisser ma naïveté s’exprimer au grand jour, de la faire attiser mon intime d’une façon moins sournoise.
| D ‘ailleurs je crois de plus en plus dans la puissance des mots et dans la faiblesse de la parole, les choses cryptées contres les choses ânonnées ou criées, la fermeté résignée des mots ne lâche jamais prise elle. |
19:04 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
La perforation de la poussière
| ... Je suis de la même inconsistance, que votre vue volatile, terriblement intensive. Bien qu'elle me couvre de volonté ajourée. |
19:00 Publié dans Qui saisit toutes les choses ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15 septembre 2005
Les réminiscences de l'affect
Alors l'histoire hein !! Mélange, mélange, bordel, des séquelles, les réminiscences de l'affect, une histoire secrète des visages aimés, bourgeoisie et fumisterie, mais poésie ou alors utiliser une petite matière pour viser le grand.
Une histoire secrète des sentiments, la parole qui creuse l'image, ouvrier et libération par le moi, le moi que l'on trouve pas loin niché en soi.
Les sentiments peuvent se transmettrent aussi dans la microgravité de l'échange, transmission et passage, ou au travers d'un corps burlesque qui plus qu'un spectacle est une offrande cachée, comme les bruits ou les sons que l'on tente d'accorder au ciel, à force de chercher cette transcendance dans l'azur, on ne peut que retomber et retrouver dans sa chute ses propres fleurs fanées.
Alors il reste le souvenir …
21:45 Publié dans Mausolée intérieur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13 septembre 2005
Gouttes de lumière
Ne pas oublier : la matière de nos livres, la substance de nos phrases doit être immatérielle, non pas prise telle quelle dans la réalité, mais nos phrases elles-mêmes et les épisodes aussi doivent être faits de la substance transparente de nos minutes les meilleures, où nous sommes hors de la réalité et du présent. C’est de ces gouttes de lumière qu’est fait le style et la fable d’un livre. Au fond, toute ma philosophie revient, comme toute philosophie vraie, à justifier, à reconstruire ce qui est.
Marcel Proust
22:54 Publié dans Chambre Verte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
La transcendance du brûlant
Sous la peau, à la place des yeux! La pensée adhère, les membres morts serrent et acceptent la donne, qui n'a pas trouvé de remplacement pour une direction limitée … au-delà d'une expérience négligeable.
Aucun contact n ‘est possible, la fièvre, les os broyés. … L’abandon est agréable: son oeil souligné par un accent.
La nature est abstraite, alors ramper sur le sol sec et créneler.
La transcendance du brûlant…
22:52 Publié dans Qui saisit toutes les choses ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11 septembre 2005
Vos crochets pour des mains
Vos crochets pour des mains.
L'amour est l'uniforme de mon infirmière dénudée.
L'amour est l'os et la corde
Le difficilement assignable apporte
10 doigts
Un plat pour les ombres.
Il n'y a rien à faire.
Que diluer l’âme
Vers la disparition
Plus je supprime
Plus je trouve
20:25 Publié dans Qui saisit toutes les choses ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10 septembre 2005
Le monde va se résumer
Le monde va se résumer, le monde va se densifier se contracter dans une boule infime et irrésolue, une boule dense et mat, qui va contenir l'univers en elle-même. Pure provocation de la matière en mouvement..
La matière pure est l'emballage comme un tissu de cadavre, elle ne représente plus la vérité.
20:49 Publié dans Mausolée intérieur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09 septembre 2005
Stratus, Cumulus, Cirrus, Nimbus
Stratus, Cumulus, Cirrus, Nimbus, il aimait parfois la compagnie des nuages, cette lente procession de moutons abstraits :
- Eh ! Qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
- J'aime les nuages … les nuages qui passent … là-bas … les merveilleux nuages.
Il aimait se coucher dans l'herbe encore tiède, sentir la chaleur délicatement prendre possession de son corps et contempler les nuages, se perdre dans une rêverie sans responsabilité. Au fil de son observation il constatait que les nuages les plus petits se dissolvaient dans l'azur comme s'ils ne pouvaient que s'idéaliser dans les hauteurs : « Quand je disparais, c'est pour entrer dans une vie décuplée, dans la paix et les saintes extases. »
Peu à peu sa rêverie se transformait en une sublimation absolue, il sombrait dans un sommeil léger comme enveloppé de délicatesse …
Au bout de quelques minutes le soleil le rappelait à l'ordre, irradiant son visage d'une chaleur vertigineuse … le ciel n'était plus que bleu, un bleu saturé, le bleu d'Yves Klein vidé de tous nuages.
Alors il se faisait une raison, mélancoliquement il allait devoir retourner dans le monde.
19:48 Publié dans Mausolée intérieur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08 septembre 2005
Le cœur est un filtre
Il y a cette histoire, des auteurs que l'on garde au creux de son cœur, après bon l ‘ éparpillement se fait avec patience comme un noyautage sournois, il faut trouver une sorte de filtre, le cœur est un filtre plus que les reins en l'occurrence, s'il reste un minimum d'intérêts flottant alors le pari est en voie de réussite.
22:15 Publié dans Mausolée intérieur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Absence
Il cherche à se rapprocher d'un état d'absence gracile, comme une libération de son être vers le vide le plus imminent, une recherche de la blancheur la plus mat possible et comme l'émanation de son être présent forcément libère des flux de vibrations incontrôlables il reste pour son plus grand malheur seul.
22:12 Publié dans Mausolée intérieur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07 septembre 2005
Cet endroit n'est pas ordinaire ?
La route comme un mur qui en s'élevant: derrière elle une croix en pierre grise infinie, moussues, mensonge, élaboré, de guingois plantés dans une herbe ferme-cultivée d'un vert inexprimable. À l'ouest, un pré répandu avec des tombeaux descend vers une tour équipée seulement d'un toit s'ouvrant à quatre mètres avec la terre et qui a la forme d'un crayon. Quand le battement de la campagne,a pris le refuge, a retiré la balance et s'est endommagé là dans les discours qui n'ont pas été employés pour rien. bruissant du souci des voix au sujet des faggots tout à fait secs de mûre et fumé dehors comme assiégé tout en étant saoulant énormément. Quel rire ne devrait pas avoir fait vers le bas. Bas, c'est un coude du fleuve que les chariots glacent des flots. Les roseries froides sifflent sous la rafale du vent. Le vent déchire au loin avec le fleuve des écharpes de l'eau qui m'essentent la figure. Entre cette tour, ces tombeaux, quelques chicots d' églises romanes détruites, une voie pour l'alimentation des moutons, plutôt des zeppelins de laines avec le chef étroit et stupide vers le haut sur des jambes si grêles que, partout autrement, ils seraient porté comme des flocons. Pas ici. Cet endroit n'est pas ordinaire: comme Delphes, comme Isé, c'est un endroit qui a sa charge, sa pesanteur, ses protections particulières, son histoire...
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Cette machine est un corps
Si on reste imperméable à la machine qui produit une énergie pour rien, si cette machine est un corps sain qui s'autoalimente par sa propre sainteté, si on verse avançons le mot, dans le mystique, ou alors l'irrationnel, non plutôt le mystique, dans le mystique reste du simulacre une part de théâtre intime, cruel ou pas, alors bon quoi hein !! ça sublime pour rien, et le rien hein !! c'est tout, non ???
00:02 Publié dans Mausolée intérieur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06 septembre 2005
L'étrange rétrécit de jour en jour
Nous vivons des temps d'affichage. Les types à la tête toute pleine d'idées se font tout à fait vulgaires. Aucun d'entre eux ne conserve plus le moindre nimbe. L'étrange rétrécit de jour en jour davantage. On dirait que fonctionne une usine pour rendre banal le non-banal.
Robert Walser
21:51 Publié dans Chambre Verte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Veston cravate ...
La vitesse est une hétérodoxie quand elle ne vise que l'efficacité la plus palpable et subite lorsque que le déplacement des corps semble se situer en dehors de l'intuition et de la sensibilité la plus infime.
Si la vitesse ne vise que le rendement en dehors de toute fulgurance elle n'est plus qu'une chose préfabriquée par un monde qui ne fait que se boucler sur sa propre efficacité morne.
Le costume devient alors un nouveau derme insensible aux exhalaisons nauséeuses d'un Univers mort pour la perception sensuelle des choses
Cette mutation de l'homme vers la machine efficace est un dispositif mortifère, une annihilation volontaire de chaque être normé par ses objectifs et non ses désirs.
Ce ne sont que dépouilles, d'incertains souvenirs d'hommes.
00:15 Publié dans Mausolée intérieur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05 septembre 2005
Raymond Cousse
Naguère encore, la tuerie particulière aurait contraint ma marchandise à végéter dans le cercle étouffant du porcher et de sa famille. Le développement des accords internationaux et la standardisation de la découpe ouvrent maintenant la voie à la libre circulation des carcasses. Me voici au seuil d'une prodigieuse aventure. A pied, à cheval, à l'intérieur des camions frigorifiques ou dans les boîtes de conserve, mon avenir est assuré. J'irai sous peu porter la bonne parole sur toute la planète. A croire que mes rôtis et côtelettes sentent déjà l'appel du grand large. Si je ne les retenais fermement, je crois qu'ils me fausseraient compagnie avant l'abattage. Mais je suis un cochon légaliste. Aussi longtemps que j'aurai charge de ma marchandise, pas un atome ne sera distrait du cours offficiel. Ce n'est qu'après avoir participé à l'élaboration des rillettes et du pâté communs que je pourrai m'estimer paré. Ensuite, bien sûr, c'est une autre histoire. Mais qu'importe alors ? J'aurai vécu.
23:54 Publié dans Chambre Verte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Et alors !!!
Et alors !!! Nos corps lourds, lourds de nos pleures enfuis, comme des flots qui à force de nous ennuyer quittent notre enveloppe en avant du monde, équilibre inévitable entre l'être et son évaporation.
Alors reposés, étirés comme pris dans le sens de la vie, au-dessus des vagues jusqu'à l'extrémité du jour.
Le soleil à son couchant nos ombres sur l'océan, et nous aux limites de l'eau la plus profonde, loin des villes couvertes de ferment et de brume, avec le scintillement des rayons du soleil, mais sans les étoiles pas encore déployées.
Bientôt la nuit, le ciel étiré et infini et les hommes misérable oubli encore. L'océan coulant irrésolu vers l'arrière, surdimensionné, survivance du chaos originel du malstrom qui nous a fait si petit. C'est un rite une survivance des dieux, ou chaque mort se mélange à l'écume laiteuse.
Le sang foncé, les âmes souillées des larmes récentes, notre âme que nous avons laissé, notre âme qui est notre sépulcre, homme étoile malade, faisant face à la région de notre être mort. De sorte que:
23:43 Publié dans Mausolée intérieur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Ici poser des mots
L'intérieur du sexe, l'extérieur des bras, l'exté-
rieur du sexe, la peau des membres, le visage
de l'être, l'ensemble de l'histoire, les yeux ou
la pudeur et le tremblement ou le silence et
le regard ou le caché et le mystère ou la grâce
et la beauté ou la présence de près ou de loin
d'une forme vivante de près ou de loin
humaine de près ou de loin d'un sentiment de
près ou de loin d'une terreur de près ou de loin
de l'arnaque qui se joue toute seule et serre de
près ou de loin ou la sueur ou
l'arrachement
de près ou de loin.
www.ens-lsh.fr
C'est beau comme … (ici poser des mots) ...
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